Semaine 8
Chapitre 8
Le développement de la cognition sociale (p.241 à 254)
La cognition sociale concerne la façon dont les individus comprennent le monde social, c’est-à-dire eux-mêmes et autrui. Les individus infèrent sur plusieurs éléments psychologiques (intentions, attitudes, pensées, émotions, buts, motivations, perceptions, etc.) et sur les types de relations entre des personnes ou des groupes de personnes (amitié, amour, domination, influence, pouvoir, responsabilité, etc.).
Flavell propose un modèle théorique de la pensée sociale qui se développe en s’appuyant sur trois concepts préalables : (a) la conscience du grand nombre d’objets socio-cognitifs sur lesquels la pensée peut porter (existence), (b) la nécessité de faire des inférences sociales (besoin) et (c) l’acquisition d’habiletés cognitives nécessaire à la compréhension des comportements sociaux (inférence).
Plusieurs auteurs affirment que le préalable fondamental à l’établissement de l’attachement est un lien solide d’affection entre l’enfant et le parent. Cependant, elle est une condition nécessaire mais non suffisante. Le lien d’attachement exige également que l’enfant ait acquis au moins partiellement le concept de la permanence de l’objet.
La pensée est une faculté qui se distingue par (a) son caractère absolument privé, (b) son rapport à des objets, tout en étant distinct d’eux et (c) son caractère dynamique comme flux continu d’idées. Vers 3 ans, les enfants utilisent correctement des mots qui désignent des activités de la pensée comme « aimer », « penser », « rêver », mais saisissent mal les limites de la pensée. Vers 5 ans, ils commencent à acquérir l’idée que la pensée est privée, que le flux de la pensée ne peut être interrompu volontairement et que les idées peuvent être reliées entre-elles.
Sur le plan de la perspective physique visuelle, les enfants acquièrent l’idée que les autres ne voient pas nécessairement les objets de la même façon qu’eux vers l’âge de 2-3 ans à 4-5 ans (stade 1). Vers l’âge de 5 ans à 11-12 ans, ils acquièrent que les autres ont une perspective différente d’un même objet selon la position occupée dans l’espace (stade 2).
Les enfants distinguent les émotions positives et les émotions négatives vers 1 an. Au début de la deuxième année, quelques termes affectifs font partie de leur vocabulaire (« content », « fâché », etc.). Entre 3 et 10 ans, les enfants peuvent décrire des situations concrètes susceptibles de provoquer des émotions en s’appuyant sur la satisfaction des désirs. Ils peuvent également faire abstraction de leur propre désir pour prédire l’émotion d’une autre personne. À partir 10 ans, ils peuvent définir les émotions de façon plus abstraite, en tant qu’état affectif.
Les émotions peuvent être exprimées spontanément, mais également maîtrisées en empêchant leur expression, en l’atténuant ou en la masquant (principalement par le sourire). Les enfants peuvent faire la distinction entre les émotions réelles et apparentes entre 3 et 4 ans. Le décodage émotionnel implique à la fois une analyse de ce qui est perçu et le rappel d’un certain nombre de souvenirs qui associent des signes extérieurs et des notions désignant des émotions.
Enfin, la conscience de soi se développe en quatre étapes : (a) conscience d’être distinct des autres, (b) conscience d’avoir un point du vue particulier, (c) distinction entre l’image de soi et l’image de soi crue par les autres et (d) connaissance de soi plus précise.
Questions préparatoires
- À votre avis, qu’est‑ce qu’un enfant de 4 ans comprend des émotions?
- À quel âge un enfant se reconnaît‑il dans un miroir?
- Quel décodage des émotions fait un enfant de 12 mois, un enfant de 2 ou 3 ans?
- Quelles sont les émotions les plus facilement reconnues par l’enfant?
- Quelle est votre colère la plus ancienne dont vous vous souvenez?
- Quelle est votre joie la plus ancienne dont vous vous souvenez?

