Semaine 11

Chapitre 11

La construction de l’identité personnelle chez l’enfant (p.299 à 322)

La notion d’identité personnelle peut être conceptualisée sous plusieurs facettes. D’un point de vue logico-cognitif, l’identité personnelle est liée au fait que des objets, personnes, groupes, notions ou processus sont perçus comme identiques. Piaget montre d’ailleurs que l’enfant apprend à catégoriser les personnes et à se catégoriser lui-même en termes de ressemblances et de différences. Pour lui, la constance perceptive (des objets) se compose de trois caractères : (a) le sujet conserve une propriété de l’objet, malgré la transformation d’autres propriétés du même objet, (b) le sujet est capable de percevoir à la fois les propriétés conservées et les propriétés transformées et (c) le sujet effectue une compensation permettant d’assurer la constance d’ensemble de l’objet. La notion d’identité personnelle peut également être conceptualisée comme un système de représentation et de sentiments. Elle représente une référence sociale à travers des mécanismes de comparaison, de confrontation, d’affirmation individuelle ou de participation à une quête collective de reconnaissance sociale. Pour Piaget, l’affectivité est l’aspect énergétique des conduites, tandis que les structures relèveraient des fonctions cognitives. L’identité personnelle est donc influencée par les perceptions, les relations interpersonnelles et les émotions.

Pour Erikson, le recours à l’expression « sentiment de », à propos de soi, l’amène à proposer trois niveaux du processus identitaire : (a) une expérience de claire conscience fondée sur un jugement, (b) une manière de se situer, de s’exprimer par rapport aux autres, à conscience diffuse et (c) un état interne inconscient. Il distingue également la notion d’identité personnelle (qui inclue la perception de similitude avec soi-même, de continuité existentielle et la perception que les autres reconnaissent cette similitude et cette continuité) et d’identité de soi (la qualité existentielle propre à un moi donné). L’interaction entre ces deux identités se définirait comme le « style » d’individualité de la personne. De nombreux styles existent dans les écrits (p.ex., styles cognitifs, styles d’apprentissage, styles de coping).

L’identification à autrui a deux fonctions : l’une est défensive et l’autre est constructive. Cette identification est facilitée par l’interaction de plusieurs conditions : une condition affective, une condition de similitude et une condition de puissance. Pour Tap, les rapports entre identité et identification varient selon la forme de l’identification, la situation de ces rapports et la période de vie. Ils proposent six formes d’identifications (dépendance, agressivité, maîtrise, double, catégories, projet).

Wallon décrit cinq grands stades de développement de la personne de l’enfance à l’adolescence : le stade impulsif et émotionnel (0-1 an), le stade sensorimoteur et projectif (1-3 ans), le stade du personnalisme (3-6 ans), le stade catégoriel (6-12 ans) et l’adolescence (12-18 ans).

Enfin, la construction de l’identité et de la personne peut se résumer par progrès fondamentaux de l’enfant : (a) la maîtrise et l’objectivation du corps propre dans et par des conduites instrumentales et expressives, en relation avec les objets et les personnes, (b) le dépassement de l’impuissance par les conduites imitatives et les identifications imaginaires et (c) le dépassement des identifications par les conduites cognitives de différenciation critique, par les projets, individuels et collectifs, et par les conduites relationnelles de coopération réalisatrice.

Questions préparatoires

  • Quelles sont, d’après vous, les fonctions de l’identification?
  • Quelle distinction fait-on entre l’identité personnelle et l’identité du moi?