Semaine 10

Chapitre 10

Enfance et identité sexuée (p.277 à 298)

L’identité personnelle (ou collective) est caractérisée par trois paradoxes : (a) elle se construit par la confrontation entre similitude et différence (par des processus socio-cognitifs tels que la catégorisation, la signification et la légitimation), (b) elle implique la décentration de soi-même et la relation réciproque avec les autres et (c) l’individu change mais reste le même. Elle s’établie par un processus descriptif, évaluatif et intégratif (social et psychique). Les nombreuses définitions proposées de l’identité se recoupent sur quatre dimensions : la permanence ou la constance, l’unité ou la cohérence, la positivité et la « mêmeté ».

L’identité personnelle ne se réduit pas à l’identité sexuée mais l’est nécessairement, tant biologiquement que socio-culturellement. Cette dernière se compose de trois types d’identités pouvant être en conflit entre-elles : l’identité corporelle à la naissance, l’identité socio-culturelle et l’identité psychologique. D’autres distinctions sont proposées par Maner-Idrissi (sexuelle, de genre, sexuée) et Gren et Bem (préférence sexuelle, identité de rôle selon le sexe, identité de genre). Les identités liées à l’âge, l’ethnie ou la nationalité impliquent, tout comme l’identité sexuée, des dimensions biologiques, sociales et psychologiques. La dichotomie masculin-féminin, fondée sur la pensée par couple, tend à simplifier la réalité et oblige le choix d’une position. Les enfants développent une conformité d’attribution et d’appréciation aux stéréotypes masculin-féminin.

Du point de vue cognitiviste, Kohlberg décrit trois stades évolutifs pour expliquer comment l’enfant comprend le genre et sa constance. Il développe (a) l’identité de genre fondée principalement sur les différences physiques (2 ans); (b) la stabilité de genre, reliée à la représentation de l’évolution de son propre changement identitaire (3-4 ans); et (c) la constance de genre, indépendante du temps et des situations (5-7 ans).

Certains auteurs rejettent l’idée classique que la masculinité et la féminité sont opposées aux deux extrémités d’un unique facteur et proposent un modèle de développement de l’identité de genre fondé sur la transcendance androgyne. Ce modèle comporte quatre plans : (a) interne-biologique, (b) individuel-psychologique, (c) culturel-sociologique et (d) externe-physique. Selon ce modèle, l’enfant développe d’abord une conception indifférenciée des rôles et comportements typiques de chaque sexe (indifférenciation). Ensuite, l’enfant se conforme à l’assignation sociale des différences de sexe (polarisation). Enfin, l’enfant transcenderait (hypothétiquement) les rôles de sexe (transcendance). Cependant la notion d’androgynie peut être ambigüe et prendre plusieurs formes : la co-présence de masculinité et féminité, la fusion entre masculinité et féminité et la transcendance (indifférence des traits masculin et féminin.

Questions préparatoires

  • Quelles relations peut-on établir entre l’identité, la personnalité et le soi (self)?
  • Que répondriez-vous à quelqu’un qui vous demanderait quelle est votre identité?
  • Faut-il tenir compte du sexe dans l’achat de jouets à des enfants? Pourquoi?